19 octobre 2009
Révolution en vue dans la presse ! Demandez le journal gratuit payant en option !

Partout dans le monde comme en France, le débat fait rage : les sites web d'information vont ils devenir payants ?
C'est en partie le chemin que prennent des grands titres de presse comme Le Figaro ou le Wall Street Journal édition mobile. Rupert Murdoch annonçait d'ailleurs que la majorité de ses sites d'informations allaient devenir payants.
Comment ?
Un abonnement de deux dollars par mois et par abonné pour avoir accès à l'édition web du Wall Street Journal. L'édition mobile sera facturée 1 dollar par mois. Surcoût raisonnable s'il en est, surtout au vu des résultats engrangées l'année dernière par la News Corporation : 2 milliards de dollars de perte...
On pouvait donc s'imaginer que l'information disponible tout le temps, en gratuité financée par la pub, vivait ses derniers mois.
Encore que..
Comme le précise le directeur général du Figaro, Francis Morel "« Il y aura toujours des sites d'informations générales qui seront gratuits et qui nous empêcheront de devenir payant ».
Des services à valeur ajoutée ?
L'information, c'est certes un site web diffusant des articles consultables en ligne. Et c'est encore la majorité des utilisations.
Mais le développement des technologies liées du web donnent de nouvelles manières de "consommer l'information".
- Applications iPhone
- Archives personnalisées
- Flux RSS détaillés et par rubriques
- Alertes automatiques par email sur des sujets précis
- Applications Blackberry...
Autant de services qui apportent une valeur ajoutée à l'information et qui justifient de passer sur un modèle payant.
Accéder à des services innovants mais payants ou continuer la simple consultation en ligne gratuitement, tel sera le choix à faire par les internautes... Pour peu que tout le monde suive le mouvement.
Il est vrai que ces nouvelles technologies et applications ont un coût de développement bien supérieur à l'hébergement de pages de contenu, si riche soit-il. Et ce fossé doit être comblé par ce que la pub ne saurait rapporter.
Mais il ne faudra pas confondre vitesse et précipitation. Envisager de passer sur un modèle en ligne payant pour renflouer les caisses est une stratégie qui paraît évidente pour la survie et la continuité de la presse.
Sans compter que les bons journalistes ne pourront se permettre de faire un plan de carrière chez un éditeur
de presse qui ne pourra assurer son avenir. Le risque à long terme est de produire des articles mal écrits (pour des professionnels, s'entend) ou de ne jamais vérifier une info majeure histoire d'attirer avant tout une forte audience web, source de revenus publicitaires, quitte à passer pour un tabloïd...
L'Iceberg en pleine face...
Machine arrière toute, virage à droite, le Titanic a quand même goûté de l'Iceberg en son temps, et sombré.
C'est ce qui risque d'arriver aux dirigeants de journaux qui ne sauront pas choisir la bonne stratégie.
Exemple brûlant : le «London Evening Standard», journal du soir comme l'est Le Monde en France, et qui coûtait 53 centimes d'Euros, vient de devenir... gratuit. Une première historique, surtout pour un journal qui a vu le jour en 1827...
Son propriétaire le milliardaire Russe Alexandre Lebedev, qui a perdu la moitié de sa fortune lors de la dernière crise financière, pense qu'il y en aura d'autres dans les mois qui viennent.
Conséquence : le tirage devrait passer de 250.000 exemplaires quotidiens à plus de 600.000 tirages, soit plus du double. Le pari est risqué car les coûts de tirage seront donc bien supérieurs.
La concurrence des journaux gratuits a donc définitivement changé le paysage de la presse écrite.
L'arroseur arrosé ?
Je reste un peu perplexe face à un tel paradoxe : alors que la presse papier se pose la question de la gratuité totale; la presse online, sanctuaire du gratuit à gogo, songe à devenir payante.
Cela dit, pour tous ceux qui considèrent que gratuit = pub = source d'argent, je rappellerai que le gratuit "TheLondonPaper" a été arrêté après une perte de 12,9 millions de livres avant impôts.
Quand je vous dis que ce n'est pas simple...
13 octobre 2009
Donnez nous du viral mais du vrai !
On devrait créer une AOC du marketing viral...
J'ai pendant un certain temps cru que le marketing viral allait mourir. Ou du moins souffrir. Pourquoi ?
Parce que les opération de marketing viral sont trop souvent "ultra marketées" si vous me passez l'expression, ou complètement aseptisées. A vouloir plaire à tout le monde, on ne plait à personne.
Quand le marketing viral devient pasteurisé :
Comment créer un viral en deux secondes pour un distributeur de lunettes ? On prend une star du foot (qui n'en porte pas), on lui colle une paire de lunettes en train de faire du piano ou de jouer aux cartes et on le poste sur Youtube, ca va cartonner et on va profiter de l'image véhiculée par le sportif.
Pas créatif, pas original, pas surprenant, bref, du cas d'école de Flop annoncé.
En l'occurrence une série de vidéos virales pour une marque de lunettes qui met en avant Zinedine Zidane. (Encore ??) Au billard, au piano, ou jouant aux cartes. (Ça ne vous donne pas envie ? c'est normal...)
Le concept
Un effet filmé façon amateur : caméscope tenu par un gamin, ça bouge, ça zoom tout le temps et le micro est assailli de crépitements. Au moins cet effet est réussi.
Même le commentaire de l'auteur en fait trop, je cite : "zizou ma laissé le filmé ds l'hotel cet été
tro cool !
ça s'pass ds 1 hotel à Tolède ".
Le langage SMS c'est une chose, mais faire exprès de faire une faute à chaque mot, pour faire jeune, c'est navrant. (Ah non, il n'y a pas de faute à "Tolède", Mea Culpa). C'est à croire que tous les moins de 18 ans sont complètement illettrés. Ta tro rézon Vince...
Faire circuler la vidéo sur des plateformes en espérant qu'elle soit repris telle quelle, pour créer un buzz c'est assez culotté, et même raté d'avance.
Il n'y a pas de surprise, pas de "WOW Effect", et pour cause : Zinedine Zidane qui joue du piano, ou Zizou aux cartes, au billard, on s'en fout ! (Je pique moi-même directement dans la carotide tous ceux qui diront le contraire...)
C'est ce que j'appelle le marketing pasteurisé. Sans goût, sans saveur, sans intérêt !
On veut du marketing viral Label Rouge, du vrai, du Bio, élevé au grain et qui a couru dans l'herbe. Oui je m'emporte et il y a de quoi.
Le marketing viral : C'est un métier !
Faire du Buzz marketing avec un effet viral est une chose difficile, c'est un vrai boulot. Que j'admire et que je connais encore trop peu. il ne suffit pas de poster la moindre vidéo avec une star pour que cela en devienne... (surtout quand la dite star est déjà sous contrat avec beaucoup de marques).
En attendant une AOC du marketing viral, je vous présenterai d'ici quelques jours une vraie opération de marketing viral, (toujours selon moi) qui a cartonné comme jamais et dont le phénomène prend de l'ampleur.
En attendant je vous laisse quand même vous faire votre propre avis sur ce que donne une campagne de Buzz élevée à la farine animale périmée, dans le noir et en cage... ( Cela dit, je respecte le travail de toute agence de com', y compris celui-ci, et le courage de l'annonceur de se lancer dans cette aventure du marketing viral). Je n'oublie pas que la critique est facile et que l'art est difficile. (Mais quand même...)
Soyons fous, allons plus loin !
Et encore je crois qu'on aurait pu aller plus loin, soyons fous, allez, pétage de plombs créatifs : Zizou qui met ses chaussettes !
(Ah non, ca c'est déjà fait ...). Si si, souvenez vous...
D'accord, pas d'accord, tous vos avis m'intéressent... A vos commentaires !
17 novembre 2008
Contre les idées reçues sur l'argent de Facebook

Je me souviens encore de la vague de réactions qu'a suscité le rachat de 1% de Facebook par Microsoft. Cela ressemble un peu à la cash machine parfaite et la fortune, pour un homme, gagnée en très peu de temps.
240 millions de dollars offerts par Microsoft pour 1,6 % des parts, et un autre levée auprès de Li Ka Shing.
Au total : près de 500 millions de dollars en argent frais.
Rendez vous compte : un site dont le contenu est auto-produit par les internautes, donc en 2.0, un business model calé sur la pub avec une croissance exponentielle : le ciel est bleu pour le décollage vers le paradis parfait. Cela ressemble un peu à mon précédent billet sur les mythes et réalités du e-commerce.
Tous les patrons de sites bases exclusivement sur la publicité connaissent les coûts de fonctionnement liés à ce type de structure.
Mais pour tous les autres et le commun des mortels, les budgets demandés par Facebook pour son bon fonctionnement sont tout simplement imperceptibles.
Le deuxième effet Kiss-cool : la grosse claque des factures.
Facebook consomme de l'électricité... Un million de dollars par mois de facture d'électricité pour la maintenance des infrastructures. Et eux ne peuvent pas réduire leur facture en se servant d'ampoules basse consommation. Ce premier chiffre donne le tournis.
Pensez donc, 100 millions d'utilisateurs et près de 300.000 photos ajoutées chaque seconde... Il en faut, de la bande passante et de la capacité de stockage... Et côté facture, cela monte à plus de 500.000 dollars par mois encore une fois.
Rajoutez à cela environ 700 personnes pour maintenir le tout et assurer le bon fonctionnement, et vous obtenez un budget démentiel de près de ... 20 millions de dollars par mois.
Le chat qui se mort la queue.
Le principal écueil rencontré par les sites dont les revenus sont exclusivement sur la publicité se tient en ces termes : Générer une audience monétisable et maîtriser les coûts de développement.
Aux US, on a une expression pour cela : "Get Eyeballs". Le fait de gagner une audience est normalement synonyme de gagner du cash via la pub. Mais là, les choses se corsent.
Pour le cas de Facebook, les revenus affluent car les publicités sont de plus en plus présentes, mais en aucun cas ils ne peuvent suivre l'évolution des coûts de fonctionnement qui doublent chaque année car l'audience double elle aussi.
En France les prix augmentent sans cesse, mais pas les salaires, idem pour Facebook. Et l'écart ne cesse de se creuser.
A moins de transformer Facebook en panneau publicitaire géant clignotant dans tous les sens, la publicité ne sera pas le modèle viable pour rentabiliser l'ensemble. Tout le monde en était conscient dès le départ, mais le come-back à la réalité se fait particulièrement violent et rapide.
Autre point : Si la publicité est viable sur le web, c'est qu'elle déclenche des achats, et que ceux-ci sont mesurables en temps réel. Une frange de la population, dans certains pays, utilise copieusement le site mais ne se situe pas dans la cible des annonceurs, ou ont un pouvoir d'achat trop faible pour être intéressants. (Amérique Latine, certains pays de l'Est...)
Mais ces internautes coûtent tout autant à Facebook qu'un Londonien, CSP+ et cyber-acheteur en ligne...
Calculs simples :
Coûts de fonctionnements annuels de Facebook : 300 millions de dollars
Revenus récurrents (publicité) : 250 millions de dollars
Oups, il y a un trou. Mais Facebook possède encore un max de cash, pas vrai ?
Sur les 500 millions de dollars levés, il en a déjà brûlé la moitié.
L'année prochaine, le marché publicitaire sera plus tendu pour cause de crise financière et les investissements marketing peuvent se contracter un peu. En revanche, l'audience de Facebook continuera à se développer, et les coûts feront de même. D'autant plus que les nouvelles applications sont très gourmandes en ressources : vidéos, applications mobiles, etc.
Need some Cash ?
Pour ne pas se retrouver dans le rouge, Facebook va devoir trouver des solutions.
Plusieurs pistes ont été évoquées :
- Introduction en bourse :
Le titre pourrait avoir une côte intéressante, mais la période financière n'est pas vraiment propice. A terme, cela pourrait être une situation salutaire mais temporaire, un peu comme si Facebook vendait ses meubles pour générer du cash.
A défaut, le site multiplie les levées de fonds, histoire d'assurer son bon fonctionnement sans perdre son indépendance. Si le site devenait lent ou plantait régulièrement, l'audience serait beaucoup moins disponible et la poule aux oeufs or ne pondrait plus.
- Rendre le site payant.
Grosse levée de boucliers en perspective. Viadeo a réussi son pari en devenant payant car plupart des internautes utilisant fortement le système sont passés à la version payante. Mais pour Facebook, c'est une autre histoire.
Le principe évoqué par le directeur financier :
- Moins de 200 amis : c'est gratuit
- Plus de 200 amis : 5 dollars par mois pour un accès sans limites.
Les conjectures:
Si 10 % des utilisateurs payent : c'est un joli pactole de 600 millions de dollars par an.
Si 5% des internautes payent : les frais de structure sont assurés (300 millions de dollars / an)
De plus, si Facebook continue sa croissance, l'audience payante serait elle aussi logiquement en augmentation et permettrait au site de perdurer.
De quoi garder tous ses amis. Ne dit-on pas que quand on aime, on ne compte pas ?
29 octobre 2008
Mythes et réalités du e-commerce

Combien d'entre vous ont déjà eu en tête l'idée de lancer un site internet et d'en vivre ?
Beaucoup ! Je dirais même trop. Tous les entrepreneurs du web qui se sont lancés dans l'aventure le savent...
De nombreux dangers guettent les e-commercants en herbe, et même si on ne leur coupe pas la tête dans des gerbes d'éclairs, ca se passe un peu comme dans Highlander, "à la fin, un seul survivra".
La vente online ne s'improvise pas. Il existe certaines règles, pour créer un site internet, pour en faire son entreprise, son bébé, son projet, cela suppose.
- Du temps, beaucoup de temps
- Des investissements. (Le référencement payant via Google est quasi-incontournable pour se développer rapidement, et cela se transforme vite en facture de 4 à 5 chiffres tous les mois...)
- Des compétences (Management, gestion, marketing, logistique, outils internet.)
- Un business model solide.
Comme le disent les business angels :
- Soyez toujours très pessimistes dans vos prévisions de ventes ou de résultats. (Divisez par deux les prévisions de vente)
- Triplez les investissements nécéssaires et les frais de fonctionnement récurrents (Êtes vous toujours rentable ?)
- Prévoyez au moins le double, voire le triple, du temps nécéssaire pour atteindre vos objectifs.
Si le business model résiste à ce traitement de choc, qui devient vite la réalité, alors le projet est réel et viable. Si ce n'est pas le cas, cela veut dire que l'aventure sera certainement très belle, mais que les risques sont importants et que tout se paye en temps et en énergie. (Et aussi en euros)
Pour illustrer ces propos, une image vaut mille mots. Alors profitez et ammusez vous bien !
Merci à Stéphan Nadelman qui m'a fourni l'URL de ce slide... ;o)
Mythes et realites du e-commerce
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